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Deeptech à Grenoble : expliquer une technologie sur son site sans perdre l’acheteur

Site internet · Grenoble · 6 min de lecture · · LaBoîte

Pour qu’une technologie soit comprise en ligne, partez de ce qu’elle permet de faire, pas de son principe physique. Organisez le site autour de vos applications, écrivez pour trois lecteurs distincts (l’acheteur, l’ingénieur, l’investisseur ou le candidat) et appuyez chaque affirmation sur un élément vérifiable : schéma, publication, brevet ou démonstration.

À Grenoble, une bonne part des jeunes entreprises technologiques sort d’un laboratoire. Leur site est souvent rédigé par les personnes qui maîtrisent la technologie, et c’est là que la difficulté commence : l’accueil décrit un procédé, alors que le visiteur cherche la réponse à un problème industriel.

Voici la méthode que nous suivons pour ce type de site, dans l’ordre. Elle vaut pour une start-up issue de la recherche comme pour une PME qui a mis au point un composant, un instrument ou un logiciel avancé.

Qui lit vraiment le site d’une entreprise deeptech ?

Trois profils arrivent sur les mêmes pages avec des attentes opposées. Un texte qui essaie de les servir tous à la fois finit par ne convaincre personne.

  • L’acheteur ou le chef de projet industriel : à quoi cela sert, dans quelles conditions, avec quelle intégration, qui appeler
  • L’ingénieur qui évalue : performances mesurées, conditions d’essai, interfaces, limites connues
  • L’investisseur ou le candidat : l’équipe, l’origine de la technologie, la feuille de route, la propriété intellectuelle
ConseilÉcrivez, pour chacun de ces lecteurs, les questions qu’il se pose en arrivant. Elles deviennent le plan du site : l’accueil répond à l’acheteur, les pages détaillées servent l’ingénieur, les pages entreprise et recrutement parlent aux deux autres.

Pourquoi une page par application plutôt qu’une page « technologie » ?

La page « Notre technologie » est un réflexe compréhensible, mais elle parle de vous. Un acheteur ne tape pas le nom de votre procédé : il cherche à détecter une fuite, à contrôler une soudure ou à réduire la consommation d’une ligne. Il décrit son besoin avec les mots de son métier.

Nous préférons donc une page par application : le problème résolu, le secteur concerné, ce que votre solution change, les conditions d’usage, puis un lien vers le détail technique. Chaque page répond à une recherche précise, ce qui aide aussi le référencement. La technologie reste présentée une fois, comme le socle commun de ces pages, dans une création de site pensée pour s’agrandir.

Comment rendre un principe technique lisible en quelques secondes ?

Un schéma remplace avantageusement plusieurs paragraphes. Nous en prévoyons souvent deux : un schéma d’usage, qui montre où votre produit se place dans la chaîne du client, et un schéma de principe, plus technique, réservé aux pages détaillées.

Le texte s’écrit ensuite par couches : une phrase simple, un paragraphe pour qui veut comprendre, puis une fiche technique téléchargeable pour qui doit évaluer. Chacun s’arrête où il veut, sans se sentir perdu ni pris de haut. C’est un travail d'expérience utilisateur et d’interface autant que de rédaction.

Quelles preuves montrer, et lesquelles écarter ?

Dans ce domaine, la confiance repose sur des éléments que l’on peut vérifier : publications, brevets, résultats d’essais, distinctions, partenaires de recherche, programmes d’accompagnement. Chacun a sa place sur le site s’il est réel et si vous avez le droit de le citer.

L’écosystème grenoblois fournit souvent ces repères. Sur la presqu’île scientifique, le campus GIANT réunit huit partenaires de l’enseignement, de la recherche et de l’industrie, parmi lesquels le CEA, le CNRS, Grenoble INP et l’Université Grenoble Alpes. Le CEA-Leti travaille avec des industriels par contrats de recherche et démonstrateurs, et Minalogic anime le pôle de compétitivité régional du numérique. Ne mentionnez une collaboration que si vos accords l’autorisent, dans les termes convenus.

  • Écarter les murs de logos sans explication du lien réel
  • Écarter les performances annoncées sans conditions de mesure
  • Écarter le vocabulaire de laboratoire jamais défini
  • Écarter les tailles de marché sans source

Faut-il un glossaire ?

Oui, s’il reste court et relié au texte. Acronymes et termes de métier sont inévitables ; un glossaire permet de les garder sans exclure le lecteur non spécialiste. Chaque terme renvoie à une définition de quelques lignes, avec un exemple d’usage.

L’exercice a un effet secondaire précieux : l’équipe doit se mettre d’accord sur ses propres mots. Une même notion nommée de trois façons d’une page à l’autre sème le doute chez l’ingénieur qui compare des fournisseurs.

Comment intégrer une démonstration sans dévoiler ses secrets ?

Montrer convainc plus que décrire : courte vidéo d’un banc d’essai, animation du principe, simulateur simple, demande d’échantillon. La démonstration fait voir le résultat, jamais le savoir-faire qui le produit.

Pour ce qui reste confidentiel, prévoyez un second niveau : fiche détaillée envoyée après un premier échange, espace réservé aux partenaires, rendez-vous technique. Le site ouvre la discussion ; il ne remplace pas l’ingénieur qui qualifie la demande.

Dans quel ordre mener le chantier ?

Nous démarrons par un atelier qui réunit la personne qui vend et celle qui conçoit. Notre équipe travaille depuis Rhône-Alpes, à distance, et vient à Grenoble pour ces séances quand elles gagnent à se tenir en présentiel ; la page agence web à Grenoble détaille notre organisation.

  • Lister les applications, triées par maturité et par marché visé
  • Écrire les questions de chaque lecteur
  • Rassembler les preuves que vous pouvez citer
  • Dessiner les schémas d’usage avant les maquettes
  • Rédiger les pages application, puis la page technologie
  • Prévoir le parcours de contact : essai, échantillon ou rendez-vous technique
ConseilPour un sous-traitant plutôt qu’une start-up, notre article sur le site B2B d’un décolleteur de la vallée de l’Arve traite des mêmes attentes d’acheteurs.
En bref
  • Le site s’adresse à trois lecteurs : l’acheteur, l’ingénieur, l’investisseur ou le candidat.
  • Une page par application vaut mieux qu’une page unique sur la technologie.
  • Schémas et rédaction par couches rendent le principe lisible sans le simplifier à l’excès.
  • Chaque preuve citée est réelle, vérifiable et autorisée par vos accords.
  • La démonstration montre le résultat ; le détail confidentiel passe par un second niveau.

Questions fréquentes

Faut-il un site en anglais dès le départ ?

Souvent oui, car clients, partenaires et investisseurs ne sont pas tous francophones. Commencez par les pages application et la page entreprise, traduites avec soin, plutôt que par une traduction automatique de l’ensemble.

Peut-on publier des résultats d’essais obtenus chez un client ?

Uniquement avec son accord écrit, dans la forme qu’il valide. Sinon, décrivez les conditions de test sans le nommer, ou publiez des mesures réalisées sur votre propre banc.

Un site très technique paraît-il plus sérieux ?

Non. Le sérieux tient à la précision et aux preuves, pas à la densité du jargon. Une page claire accompagnée d’une fiche technique complète rassure davantage l’ingénieur qu’un texte hermétique.

Et si l’entreprise porte encore le nom du projet de laboratoire ?

C’est fréquent, et il vaut mieux trancher avant de construire le site. Notre méthode pour passer d’un nom de projet à un nom de marque aide à décider s’il faut renommer.

Votre technologie est-elle comprise dès l’accueil ?

Nous relisons votre site avec vos trois lecteurs en tête et vous proposons une structure par application, sur devis. Prenons rendez-vous pour en parler.